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L'évolution des inégalités
"L' histoire du siècle est celle d'une formidable réduction des inégalités au sein des nations industrielles, et d'un élargissement tout aussi considérable des inégalités entre les nations elles-mêmes. Pourtant, à partir du milieu des années 1980, une autre tendance est apparue. Les nations les plus riches ont vu resurgir le spectre d'une augmentation des inégalités, tandis que les pays pauvres les plus peuplés, en Asie, se sont engagés dans un processus de croissance rapide. L'idée a été immédiatement avancée qu'une relation de cause à effet était à l'oeuvre, qu'un phénomène de vases communicants entre le monde riche et le monde pauvre reportait la pauvreté du monde pauvre sur celle du monde riche. L'encre de ces débats n'avait pas encore séché qu'un nouveau changement de direction est apparu dans la deuxième moitié des années 1990. La crise asiatique, tout d'abord, a interrompu brutalement la croissance de ces pays, et fait resurgir nombre d'appréhensions à l'égard de la "" globalisation "". Aux États-Unis, par ailleurs, le "" miracle "" d'une croissance soutenue a fait taire les critiques contre la montée des inégalités dans ce pays, et posé, parfois, en modèle la "" nouvelle économie "" américaine. Il y aurait beaucoup de naïveté à extrapoler les évolutions des dernières années en une nouvelle tendance qui validerait le phénomène de vases communicants entre les pays riches et les pays pauvres. Mieux vaut reconnaître que deux processus distincts sont à l'oeuvre : le rattrapage des pays en voie de développement, et une nouvelle dynamique des inégalités au sein des pays riches. Le premier terme est-il interrompu par la crise asiatique ? Le second terme est-il inéluctable ? Faut-il se résigner à ce que certains pays (à l'échelle du monde) ou certains groupes (à l'échelle des nations) soient exclus de la prospérité des autres ? Telles sont les questions préalables auxquelles il faut répondre avant de dessiner une perspective d'ensemble sur le destin des inégalités mondiales. "
04/06/2000
Durée du programme :80 minute(s) et 28 secondes
Classification Dewey :Science politique, Sociologie
Conférences
Niveau :Tous publics / hors niveau
Disciplines :Sciences politiques, Sociologie
Fiche LOM-FR :Français
Générique :
Producteur(s) :
Mission 2000 en FranceCOHEN Daniel
Statut
Economiste, Ecole Normale Supérieur
CEPREMAP
Parcours
- Ancien élève de L'ENS, agrégé de mathématiques, Docteur d'état ès sciences économiques agrégé des facultés de droit et de sciences économiques
- 1977-1980 : Chargé de mission à la direction de la prévision du ministère des finances
- 1982-1988 : Chercheur au Cepremap
- 1984-1997 : Consultant à la Banque Mondiale; division de la dette extérieure
- 1985 : Conseiller du gouvernement bolivien
- 1986-1988 : Consultant à la Banque de France
- 1985- 1988: Chargé de recherches au CNRS
Depuis 1991, professeur d'économie à l'Université Paris I et à l'Ecole Normale Supérieure
Depuis 1994, membre de l'Institut Universitaire de France,
Prix
- 1987 : " Special Merit Award" de l'American Express
- 1988: "Lauréat de l'Association Française de Sciences économiques
- 1997 : Prix de l'Economiste de l'année, décerné par le Nouvel Economiste
Spécialités
Spécialiste de la croissance, de l'emploi, de la dette des pays en voie de développement et de la crédibilité des politiques économiques
Particularités
Daniel Cohen a écrit de nombreux articles dans des revues spécialisées
Il est l'auteur de cinq ouvrages :
- Monnaie, Richesse et dette des nations, CNRS, 1987
- Private lending to sovereign States, MIT Press, 1991
- Les infortunes de la prospérité, Julliard 1994
- Unemployment : the choices for Europe, CEPR, 1995
- Richesse du monde, pauvretés des Nations, Flammarion, 1997
- Nos temps modernes, Flammarion, 2000
- Macroéconomie, avec Olivier Blanchard, Pearson éducation, 2002
- La croissance moderne : Organisations innovantes du travail, avec Philippe Askenazy, Economica, 2002
